Friday, March 27

March 2020 - Reveries of a Solitary Walker


I found myself thinking of the 'Reveries of a Solitary Walker' by Rousseau today as I was out for my daily stroll. It's a beautiful collection of essays that he wrote as he tried to comes to terms with social isolation at the end of his life. I too have been finding an almost giddy pleasure in my solitary walks in the countryside


...remembering to wash my paws when I returned home!

1 comment:

Eric said...

5ème Promenade (extrait):
'Le précieux farniente fut la premiere & la principale de ces jouissances que je voulus savourer dans toute sa douceur, & tout ce que je fis durant mon séjour ne fut en effet que l’occupation délicieuse & nécessaire d’un homme qui s’est dévoué à l’oisiveté. L’espoir qu’on ne demanderoit pas mieux que de me laisser dans ce séjour isolé où je m’étois enlacé de moi-même, dont il m’étoit impossible de sortir sans assistance & sans être bien aperçu, & où je ne pouvois avoir ni communication ni correspondance que par le concours des gens qui m’entouraient, cet espoir, dis-je, me donnoit celui d’y finir mes jours plus tranquillement que je ne les avois passés, & l’idée que j’avois le tems de m’y arranger tout à loisir fit que je commençai par n’y faire aucun arrangement. Transporté là brusquement seul & nu, j’y fis venir successivement ma gouvernante, mes livres & mon petit équipage, dont j’eus le plaisir de ne rien déballer, laissant mes caisses & mes malles comme elles étoient arrivées & vivant dans l’habitation où je comptois achever mes jours comme dans une auberge dont j’aurois dû partir le lendemain. Toutes choses telles qu’elles étoient alloient si bien que vouloir les mieux ranger étoit y gâter quelque chose. Un de mes plus grands délices étoit surtout de laisser toujours mes livres bien encaissés & de n’avoir point d’écritoire. Quand de malheureuses lettres me forçoient de prendre la plume pour y répondre, j’empruntois en murmurant l’écritoire du receveur, & je me hâtois de la rendre dans la vaine espérance de n’avoir plus besoin de la remprunter. Au lieu de ces tristes paperasses & de toute cette bouquinerie, j’emplissais ma chambre de fleurs & de foin, car j’étois alors dans ma premiere ferveur de botanique. Ne voulant plus d’œuvre de travail il m’en falloit une d’amusement qui me plût & qui ne me donnât de peine que celle qu’aime à prendre un paresseux. J’entrepris de faire la Flora petrinsularis & de décrire toutes les plantes de l’Île sans en omettre une seule, avec un détail suffisant pour m’occuper le reste de mes jours. On dit qu’un Allemand a fait un livre sur un zeste de citron, j’en aurois fait un sur chaque gramen des prés.'